Mon bébé est une éponge
Flash back… Il y a quelques mois seulement, mais c’est déjà si loin !
Alors que je ressemblais plus à un ballon de plage qu’à une femme ou une mère, Antoine et moi nous préparions patiamment à l’accouchement, mais surtout à l’accueil de Grain-de-riz (qui n’avait pas encore de nom).
Ce n’était pas tant une préparation matérielle qu’une préparation de nos esprits, de notre univers, de l’ambiance.
Il fallait que Grain-de-riz débarque dans une sorte de nouvel utérus, plus grand.
Que j’accouche, que je reprenne possession de mon corps, mais qu’il n’y voie que du feu…
Un matin, bébé est né ! Enfin !
Papa en pijama de cotton, Maman aussi, mais chemise grande ouverte, pour que le petit n’aie qu’à s’accrocher à une mamelle, comme une sangsue, chaque fois qu’il en aurait envie. J’étais le nouveau cordon ombilical.
Nous avons vécu 2 mois comme ça, dans du cotton, aux horaires de notre petite bête, ne sortant que pour les choses primordiales - nourriture, médecin, notre mariage et l’enterrement de ma Grand-mère.
On se saoulait d’infusions de fenouil, les amis passaient, et le reste du temps, si on ne dormait pas tous les 3 dans le grand lit, on regardait les 3 premières saisons de “Lost, les disparus” avec bébé dans l’écharpe.
Et Bébé Mael n’y a vu que du feu !
Il prenait du poids régulièrement, s’éveillait, et commençait même à s’apprecevoir qu’en guise de parois d’utérus, il avait 2 êtres vivants et aimants, qui pleuraient d’émotion au moindre de ses mouvements.
Puis, parce que nos ressources s’épuisaient gravement, Papa est parti travailler…
Les deux jours qui suivirent furent très dur pour Bébé… Il manquait une parois à l’utérus, c’était comme si on avait abattu un mur de sa chambre !
A cette époque, Mael ressemblait plus à une petite éponge rose pâle qu’à un vrai bébé. Il avait bu l’angoisse du manque probable d’argent pour vivre dans les jours qui suivraient (angoisse de sa mère), et il avait absorbé l’angoisse de son père de participer activement à la société de consommation en gagnant de l’argent pour le dépenser… Il était gonflé d’émotions, et comme si ce n’était pas suffisant, on lui avait cassé son utérus factice géant !
Ce fut la première grande blessure de Mael. Je la couche sur papier virtuel pour qu’il puisse la décrire à son psy dans 20 ans… Pauvre petit bout de chiendent…








